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Le cours des choses

Nous apprenons à observer le monde. Regarder, écouter, sentir, écouter et toucher ne sont pas vraiment des capacités innées. L’oeil humain ne voit pas l’Ouvert, mais un milieu empli de significations, d’affects, d’objets et de techniques qui lui ont été transmises.
Edito de la directrice Pour la proposition de l'année 2024, nous allons développer plusieurs projets. Ils s'entrecroisent, explorent des rituels, examinent nos relations avec les pratiques sacrées et citoyennes, des méthodes participatives et écotranspédagogiques de fermentation, de soin et de travail, de terres et de communautés. Après avoir abordé les questions de la biodiversité et la relation entre l'humain et le non humain dans l'environnement d'Utopiana, c'est maintenant de la relation entre les humains et leur domicile, les fantômes et les déménagements dont il est question. À travers l'expérience de quitter un lieu, de faire voyager les entités visibles et invisibles d'un endroit à un autre, l'étude de la maison Utopiana suscite une fascination pour hanter un nouveau lieu possible. Plusieurs projets se lancent cette année dans le Rhône, centrés autour de l’eau et de ses enjeux futurs avec pour objectif d’étudier les interdépendances hydrologiques du Grand Genève. Face au réchauffement climatique, il est temps de faire alliance avec le peuple des castors et de s’inspirer de leurs méthode de réactivation de l’autoguérison des cours d’eau. Comment sommes-nous relié·e·s à ces eaux dont nous dépendons pour vivre ? Pourrait-on trouver des formes d'alliance, comme un ensemble de personnes apparentées (parentèles). Est-ce que l’art peut contribuer à rendre visible et sensibles ces parentèles ? Pourrait-on étendre cette notion aux milieux dont nous dépendons pour vivre ?C'est une autre manière de parler de la reconnaissance des droits des écosystèmes, voire des espèces ou des individus animaux ou végétaux. Comme chaque année, nous réunissons des historiens, des anthropologues, des philosophes, des architectes et des artistes afin de donner forme à des pratiques collectives, à des processus qui nous nourrissent et nous préparent à une nouvelle habitabilité de nos milieux de vie qui dépasse l'humain. En avril, les "1000 écologies" ouvrent leurs espaces dans Le Commun et nous accueillent pendant un mois et demi autours de tables rondes, d’espaces vert, de moments filmiques et d’essais visuels, sous le titre “Ces jours terrestres”: une programmation représentant des processus de recherche-création, liant les arts et les sciences humaines, afin de proposer de nouveaux savoirs à travers des pratiques sociales, matérielles et performatives. Anna Barseghian
2024-2025

Le tissu du vivant dont nous sommes des fils se déchire tout autour de nous, fragilisant nos futurs possibles. Nous le savons, et pourtant le sentiment d’impuissance domine. Pourquoi ? C’est qu’on défend mal ce qu’on comprend mal. Et si nous nous étions trompés sur la nature de la « nature » ? On imagine volontiers le monde vivant aujourd’hui comme une cathédrale en feu. Mais le tissu du vivant, cette aventure de l’évolution qui trame ensemble toutes les espèces de la biosphère, n’est pas un patrimoine figé et fragile. Il est une force dynamique de régénération et de création continue. Le vivant actuel, ce n’est pas une cathédrale en flammes, c’est un feu qui s’éteint.

Comprendre le vivant de cette façon rend visibles les paradoxes qui nous lient à lui. Il n’a pas besoin de nous, mais il est à défendre. Il est affaibli par nos atteintes mais plus puissant que nous. Ce n’est pas nous qui l’avons fait, c’est lui qui nous a faits. Le défendre, ce n’est pas le rebâtir comme une cathédrale en ruine, c’est l’aviver. Il peut toujours repartir si nous lui restituons les conditions pour qu’il exprime sa résilience et sa prodigalité natives. Le problème devient désormais : comment raviver les braises ? Cette voie nous redonne une puissance d’agir.

Baptise Morizot - Raviver les braises du vivant

 
 

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Avec le soutien de : Département de la culture et de la transition numérique de la Ville de Genève, la Loterie Romande, la Fondation Leenards et du bureau d’architecture atba. Avec la contribution de : Copytrend, La Fondation Zoein, le Labo de la RTS, la Migros, Patrimoine Suisse Genève, le Performance Lab de l’Université Grenoble-Alpes, le Programme Master CCC de la HEAD – Genève, l’Université de Strasbourg (UR ACCRA), l’Université de Vérone (Département des sciences humaines) et les restaurants : le Figuier, le Grütli, Il Tavalone et Les Trois-Plis.

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