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Co-Existences

Cycle d’intervention durant l’année 2018
Dans le cadre du projet « Sculpter le quotidien 5//1// « Co-Existence « , Utopiana vous invite à suivre un cycle d’interventions qui s’étendra tout au long de l’année 2018. Nos premiers invités sont le sociologue Marc Breviglieri (23 février), le philosophe Baptiste Morizot (18 avril), l’écologue et ingénieure environnementale Gamze Gülez (20 avril), le biosémioticien Timo Maran (18 mai) et le philosophe Jean-Christophe Goddard (15 juin).  Le 19 janvier, Luca Pattaroni et Stefan Kristensen vont animer une séance introductive. L’idée centrale est qu’une espèce vivante invente des formes nouvelles (formes de perception et d’action, des imaginaires nouveaux) au moment où elle est confrontée à d’autres sphères de signification qui l’incitent à changer un aspect de son environnement. En premier, nous présenterons quelques raisons pour lesquelles notre conception de l’art pourrait gagner à un dialogue approfondi avec les animaux. Les animaux ne cessent de se transformer au contact de leur milieu et des autres espèces qui s’y trouvent. Or les humains en Occident font comme si la matière vivante était inerte, simple réservoir de ressources à prélever. Pourtant, l’art est chez les humains l’expression de cette transformation constante de notre nature. Ainsi, la réflexion sur l’art nous rapproche des autres vivants au lieu qu’elle nous en éloigne. On fera une telle tentative en s’appuyant sur la manière dont Maurice Merleau-Ponty et Gilles Deleuze retracent l’origine de la culture dans le monde animal en s’inspirant chacun à sa façon des écrits de Jakob von Uexküll.  Ensuite, afin d’ouvrir à la question de la co-existence des sphères de vie, qui nous accompagnera tout au long du séminaire, nous poursuivrons par quelques réflexions liées à l’emprise des milieux ; c’est-à-dire les différentes manières par lesquelles l’affirmation d’une forme de vie est susceptible d’affecter d’autres formes de vie. Nous chercherons ainsi à lier une écologie des milieux de vie et une pensée de l’oppression – ou encore de l’émancipation – susceptibles d’éclairer à la fois la co-existence problématique entre humains, par exemple dans le contexte urbain de la gentrification, mais aussi entre humains et non-humains comme dans les différents types de rapports entre ville et agriculture. Une des modalités de l’emprise que nous aimerions interroger en particulier est celle de la colonisation. Les réflexions de Deleuze et Guattari sur le striage de l’espace nous serviront à cheminer dans cette exploration qui se fera aussi sous forme d’exercice collectif.  Stefen Kristenson est philosophe et Luca Pattaroni sociologue, tous deux membres du Comité d’Utopiana.
2018

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Stefan Kristensen

Stefan Kristensen est philosophe, docteur et habilité à diriger des recherches en esthétique et en philosophie. Il est depuis septembre 2019 professeur d’esthétique et dethéorie de l’art à la Faculté des arts de l’Université de Strasbourg.Auparavant, il fut assistant-doctorant au Département de philosophie de l’Université de Genève de 2000 à 2006, collaborateur scientifique dans le même Département de 2007 à 2010, puis au Département d’histoire de l’art de 2010 à 2016, et enfin, de 2017 à 2019, chercheur postdoc à l’Université de Heidelberg avec un projet de recherche personnel soutenu par la Fondation Fritz Thyssen sur la question de l’inconscient dans la psychosomatique. Il a soutenu une thèse de philosophie en 2007 sous la direction de Renaud Barbaras (Paris 1) et une HDR en 2016 sous la direction de Jean-Christophe Goddard. Il est l’auteur d’ouvrages et d’articles qui explorent le rôle et la structure du sujet dans les pratiques artistiques et dans la clinique psychiatrique. Sa thèse, publiée en 2010 chez Georg Olms sous le titre Parole et subjectivité. Merleau-Ponty et la phénoménologie de l’expression, discute la question du passage du sens perceptif au sens linguistique chez Husserl, Gurwitsch et Merleau-Ponty, et montre que le paradoxe de l’expression (pourquoi exprimer le sens du perçu par le langage si celui-ci n’y ajoute rien, et s’il y ajoute quelque chose, comment être sûr de ce qui a été perçu ?) est lié à la fixation d’une certaine forme du sujet, celui de la connaissance. Il a publié en 2014 un ouvrage surJean-Luc Godard (L'Age d’Homme) où il montre l’importance de la phénoménologie de la perception chez Godard pour comprendre la portée politique de son cinéma. En 2017, il a publié La Machine sensible (Editions Hermann), une étude sur l’expérience subjective du machinique, à travers la psychiatrie, l’art et l’ontologie.

Luca Pattaroni

Luca Pattaroni est docteur en sociologie, il est maître d’enseignement et de recherche à l’EPFL où il dirige le groupe de recherche «Ville, habitat et action collective» du Laboratoire de sociologie urbaine. Il a été professeur invité à l’Université fédérale de Rio de Janeiro ainsi que chercheur invité à l’École des hautes études en sciences sociales (Paris) et à l’Université de Columbia (New York). Membre de différents comités éditoriaux et scientifiques (Revue suisse de sociologieArticulo Journal of Urban ResesearchEspacetemps.netClara), il est en outre membre du Conseil consultatif de la culture (État de Genève) et président de la coopérative d’artiste Ressources Urbaines. Depuis une vingtaine d’années, il explore l’expression des différences et de la marginalité dans la ville, en termes de précarité (SDF, migration précaire), de contestation (squats, luttes urbaines), de création (contrecultures) ou encore de débordement (foule en liesse). L’enjeu est d’ouvrir une pensée renouvelée et critique des formes d’émancipation et d’oppression rencontrées dans les villes contemporaines.

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