Image
Atelier réflexion

Le travail du vivant

Peut-on parler d'un travail du vivant ? Cette série d'ateliers explore une question centrale de l'écologie politique : faut-il étendre le concept de travail aux non-humains pour penser l'exploitation de la nature, ou cette extension efface-t-elle ce qui distingue fondamentalement l'activité humaine ? Entre critique de l'économie politique et philosophie du soin, ces rencontres cherchent à rouvrir les possibles d'une émancipation multispécifique.
Cette série d'ateliers de réflexion ouvre un espace pour chercher à répondre à un problème récurrent dans les débats contemporains en écologie politique: peut-on parler d’un travail du vivant ? D’un côté, on défend l’extension du concept de travail à certains non-humains, permettant ainsi de fonder la dénonciation de l’exploitation de la nature sur les catégories de la critique de l’économie politique. D’un autre côté, pour ses détracteurs, parler de travail du vivant suppose de relativiser la différence anthropologique entre travail humain et activité animale. Celle-ci s’exprime notamment dans la différence entre un travail producteur de valeur et des activités pensées comme des « dons gratuits de la nature ». Premier atelier le mardi 22 mars à 19:00 : Prolétariat des vivants et politiques de l'attachement. Il est désormais courant de considérer que les politiques de l'émancipation auraient fait leur temps. Elles seraient trop orientées vers un idéal d'arrachement aux conditions matérielles de la domination, de séparation de l'individu face à la communauté, voire pire de domination de la nature. Il faudrait y opposer des politiques de l'attachement, du soin, de la multiplication des liens et des relations entre vivants humains et non-humains (Haraway 2017). C'est cette opposition de l'attachement et de l'émancipation (Latour 2000) qu'il me semble nécessaire de déconstruire (Stengers 2005, Berlan 2021). Si l'on repense les formes de domination à partir de la mise au travail généralisée des vivants dans le capitalisme (de la plantation à l'élevage industriel), on peut alors réinventer les politiques de l'émancipation à partir des "communautés multispécifiques" (Rose 2017, Van Dooren 2022). A cet égard, le nouveau sujet politique de l'émancipation est un "biotariat" (Moore 2021) ou un "prolétariat des vivants" qui appelle la constitution "d'alliances ou de fractions interspécifiques" (Balaud et Chopot 2021), un communisme du vivant.
Evénement
dès 18h
Villa Utopiana


Genève
Suisse

Galerie photos

Paul Guillibert

Paul Guillibert est docteur et enseignant en philosophie. Il élabore une critique écologique du capitalisme à partir d’une histoire environnementale de la pensée marxiste. Il publie en 2021 Terre et capital, pour un communisme du vivant aux éditions Amsterdam.

Ne manquez pas les prochains événements d'Utopiana ! Inscrivez-vous à notre newsletter pour rester informé.

Votre adresse de messagerie est uniquement utilisée pour vous envoyer notre lettre d'information ainsi que des informations concernant nos activités. Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans chacun de nos mails.

Utopiana est soutenue par le Département de la culture et de la transition numérique, Ville de Genève, par l’Office cantonal de la culture et du sport, République et Canton de Genève et par la fplce.

 

Logo

© 2026 - Tous droits réservés.