Image
Atelier réflexion

Habiter terrestre, hospitalité terrienne: faire mondes avec les fictions, les non-humains et les non-modernes

L'Anthropocène ébranle le sujet cartésien dans toutes ses dimensions — physique, affective, politique, morale, rythmique et épistémologique. Face à l'irruption de Gaïa et à la disparition de toute extériorité, des penseurs comme Stengers, Haraway ou Descola invitent à une responsabilité différenciée, loin de tout déterminisme. Mais comment articuler le vécu singulier de cette transition avec le nous que l'Anthropocène appelle à construire ? Entre délire de maîtrise et remise en question de l'hubris moderne, Alain Kaufmann et Yoann Moreau proposent une vue cosmopolitique des sujets de l'Anthropocène.
La notion classique de sujet (cartésien) est prise en défaut par les ordres de temporalité (une ère, au sens géologique) et de spatialité (la Terre en tant que planète) mis en jeu dans l’Anthropocène. La déprise est multiple, qui concerne non seulement les dimensions physiques, mais aussi affectives (sidération), politiques (irruption de Gaïa), ontologiques (disparition de l’extériorité), morales (Capitalocène, Occidentalocène, etc.), rythmiques (disruption, accélération, multiplicité des Anthropocènes) et épistémologiques (causalité diffuse, temps longs, effets papillons). De nombreux auteurs peuvent nous permettre de penser ces différents aspects (Isabelle Stengers, Bernard Stiegler, Philippe Descola, Dominique Bourg, Donna Haraway, Jean- Baptiste Fressoz, Christophe Bonneuil, Francis Chateauraynaud). Chacun de ces auteurs déploie une argumentation critique à l’égard du concept d’Anthropocène, en faveur notamment d’une respon- sabilité différenciée, contre l’idée d’un déterministe qui s’imposerait désormais aux acteurs humains via les données objectives fournies par les sciences du système Terre. La plupart de ces approches achoppent cependant à articuler le sentiment d’existence, le vécu individuel de cette transition cosmopolitique, avec le nous censé réunir les acteurs humains et non-humains de l’Anthropocène. L’opposition souvent formulée entre un bon Anthropocène, occasion d’une amplification d’un délire de maîtrise et un mauvais Anthropocène censé nous inciter à interroger l’hubris de la modernité, constitue un moment de bifurcation cosmopolitique qui interroge toutes les disciplines des sciences humaines et sociales ainsi que des sciences de la nature. Nous tenterons de proposer une vue cosmopolitique des sujets de l’Anthropocène.
Evénement
dès 16h
Le commun


Genève
Suisse

Galerie photos

Yoann Moreau

Yoann Moreau est physicien de formation, anthropologue (EHESS-CNRS) et dramaturge professionnel. Il est notamment l'auteur de Vivre avec les Catastrophes (PUF, 2017). En 2016, il part au Japon conduire des recherches sur l'accident nucléaire de Fukushima. Depuis 2020 il réside dans la péninsule d'Izu (Shizuoka), où il exerce le métier d'amasan. 

Alain Kaufmann

Alain Kaufmann est biologiste et sociologue de formation. Il a été successivement chercheur à l’Institut d’anatomie, à l’Institut de Sociologie des Communications de Masse de l’Université de Lausanne, ainsi qu’au Centre de Sociologie de l’Innovation de l’École Nationale Supérieure des Mines de Paris. En 2002 il a fondé l’Interface Sciences-Société de l’UNIL dont il a été directeur jusqu’en 2018. Depuis le 1er janvier 2019 il dirige Le Colaboratoire, l’unité de recherche-action, collaborative et participative de l’UNIL. Ses domaines de recherche et d’enseignement sont la sociologie des sciences et des techniques, la médiation scientifique, l’éthique de la recherche, la participation aux choix scientifiques et techniques, et les aspects sociaux et anthropologiques de la recherche biomédicale. Depuis 2016 il est en outre le coordinateur scientifique de la compagnie de théâtre lausannoise Jours Tranquilles.

Ne manquez pas les prochains événements d'Utopiana ! Inscrivez-vous à notre newsletter pour rester informé.

Votre adresse de messagerie est uniquement utilisée pour vous envoyer notre lettre d'information ainsi que des informations concernant nos activités. Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans chacun de nos mails.

Utopiana est soutenue par le Département de la culture et de la transition numérique, Ville de Genève, par l’Office cantonal de la culture et du sport, République et Canton de Genève et par la fplce.

 

Logo

© 2026 - Tous droits réservés.